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Conversion

1923 - Premier choc

 

La jeune fille connaît un premier choc lorsque Jean, avec qui on la voyait fiancée, s'éloigne brusquement pour entrer chez les dominicains.
Rencontre d'étudiants chrétiens, elle se pose des questions sur Dieu et écrit beaucoup.
Au cours de l'année 1924 un 2ème drame surgit dans la vie de Madeleine avec la cécité de son père.
Madeleine raconte elle-même cet épisode de sa vie en 1957 en annexe de son livre " Ivry, ville marxiste, terre de mission."
 
" Jusque-là, je n'avais autour de moi que très peu de chrétiens. (… ) Mes camarades, au contraire ne posaient, et brutalement, que les difficultés posées par une foi. Oui, ils étaient fort à l'aise dans tout mon réel ; mais ils amenaient ce que je devais bien appeler " leur réel ", et quel réel ! (…)
A les rencontrer souvent pendant plusieurs mois, je ne pouvais plus honnêtement laisser non pas leur Dieu mais Dieu dans l'absurde. C'est alors que ma question s'est métamorphosée ; alors aussi que, pour être fidèle à mon anti-idéalisme, je modifiai ce que je pensais être une attitude de détail dans ma vie. Si je voulais être sincère, Dieu n'étant plus rigoureusement impossible ne devait pas être traité comme sûrement inexistant.
Je choisis ce qui me paraissait le mieux traduire mon changement de perspective : je décidai de prier. L'enseignement pratique de ces quelques mois m'avait d'ailleurs fourni cette idée un jour où, à l'occasion d'un tintamarre quelconque, on avait évoqué Thérèse d'Avila, disant de penser silencieusement à Dieu pendant cinq minutes tous les jours. "
(p.251, éditions du Cerf, Foi Vivante, 1970, réédité par Desclée de Brouwer en 1995 ( voir p. 203 )
 

29 mars 1924 - Conversion.

 
 
Je décidai de prier. (…) Dés la première fois je priai à genoux par crainte, encore, de l'idéalisme. Je l'ai fait ce jour-là et beaucoup d'autres jours et sans chronométrage. Depuis, lisant et réfléchissant, j'ai trouvé Dieu ; mais en priant j'ai cru que Dieu me trouvait et qu'il est la vérité vivante, et qu'on peut l'aimer comme on aime une personne. "
(p.251 éditions du Cerf, Foi Vivante, 1970 - p.203 éd 1995)
 

1926 - Paroisse Saint Dominique.


Rencontre avec l'abbé Lorenzo qui va l'aider dans cette vie chrétienne retrouvée.
Sa seule certitude est de faire connaître et aimer ce Dieu qui l'a éblouie.
Elle pense toujours à faire une carrière littéraire et pense aussi entrer au Carmel.
Prix Sully Prud’homme pour son recueil de poèmes « La Route ».
 
 « Excuse ce petit mot hâtif mais il vient de m’arriver une agréable chose. Le jury du prix Sully-Prudhomme vient d’attribuer à mon manuscrit « La Route » ce prix qui s’élève cette année à 8000 francs.
Comme tu peux le penser j’en suis très heureuse mais comme je me décide à me lancer carrément dans cette voie, je suis littéralement accablée de visites et de démarches de toutes sortes (14 visites par jour !) et de lettres de remerciements ! … »
(Lettre à Louise Salonne, 18 juillet 1926, « Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p69, mars 2004, éditions Nouvelle Cité.)


Fin 1926 - Engagement dans le scoutisme.


« Comme vie active, changement de programme : pour des raisons multiples qui ne sont pas sans m’affliger, j’ai dû quitter le patronage dont je m’occupais. Sans travail, je me suis décidée à m’engager dans le scoutisme, mouvement en général assez mal connu et qui est une promesse de redressement moral et spirituel sur les générations qui viennent. Mais, pour être « cheftaine » ou « sous-cheftaine », ce que je serai, c’est-à-dire chef des plus petits scouts, il faut passer par toute une initiation, intellectuelle, pratique et aussi physique. Je fais exercice sur exercice, je rampe, saute, chante, etc... autant de sports qui m'étaient assez peu familiers comme tu dois le croire. En janvier, ma cheftaine et moi prendrons possession de notre troupe.»
Lettre à Louise Salonne, 23 décembre 1926
(« Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p81, mars 2004, éditions Nouvelle Cité)


1927 -


Pour Pâques, elle écrit à sa mère qu'elle " souhaite travailler avec Lui dans le monde ". Elle donne là le premier signe de son engagement de chrétienne laïque dans le monde.

Vendredi-Saint 1927
Ma Miou aimée.
Après des jours de réflexions, de prière et d'épreuve,
je suis certaine de faire la volonté de notre même Maître
en restant à travailler pour Lui dans le monde.
Je te promets donc, sur le Christ, de ne jamais te quitter.
Soyons bien heureuses toutes les deux
et aidons-nous ma Maman.
Madeleine
(« Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p89, mars 2004, éditions Nouvelle Cité)


1930/32 - 


Son engagement scout et la découverte des pauvres l'orientent vers un projet de vie commune.

" A la suite d'une longue histoire d'âme, d'un passé, plusieurs jeunes filles (…) formèrent un petit groupe à couleur assez scoute, mais pas exclusivement scout, sous l'impulsion de M. l'abbé Lorenzo.

Nous désirions vivre autant que nos situations le permettaient, une vie d'Évangile. Nous désirions continuer la charité de l'Évangile selon son mode le plus simple, soigner, consoler, aider, visiter, vêtir, matériellement et surnaturellement.
Dès le début nous avions refusé de chercher notre travail et de chercher des ouvriers ; le Seigneur était seul responsable de désigner l'un et de choisir les autres. Il s'en est merveilleusement acquitté. Il a sans cesse proportionné la tâche et nos mains, nous donnant beaucoup d'ouvrage quand nous avions beaucoup de forces (mourants à assister, mamans à suppléer, vieillards à visiter, infirmes à aider), supprimant toute demande de service dès que nous étions malades, nous ne gardions jamais un sou devant nous et nous avons toujours ce qu'il nous faut.
Tous les quinze jours, une réunion nous groupe. Nous lisons les Actes des apôtres et Mr. l'Abbé nous apprend à moins mal aimer le Bon Dieu. Nous sommes dix huit !

(Lettre à l'abbé Plaquevent, 12 janvier 1932, "Eblouie par Dieu", corr. vol.1, p 178, mars 2004, éditions Nouvelle cité)


Oct.1932 :


Début d'études d'assistante sociale.