Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
Document Actions

Démission de la mairie


6 mai 1952 - Voyage à Rome


Madeleine part prier à Rome, ce qu'elle fit à Saint Pierre tout au long de la journée. Elle était convaincue que le soubassement de la prière de tous les chrétiens manquait aux prêtres ouvriers.
Elle écrira à son retour trois pages publiées en 1966 dans " Nous autres, gens des rues " et dont voici quelques extraits :
" C'est la pensée du Christ que l'Église ne soit pas seulement quelque chose de vivant mais quelque chose de bâti ".
"Quand on parle de l'obéissance des saints, on réalise mal, je crois, combien elle s'apparente dans le corps de l'Église, à cette lutte interne des organismes vivants, où l'unité se fait dans des activités, des oppositions. "
" Il m'est apparu à quel point il faudrait que l'Église hiérarchique soit connue par les hommes, tous les hommes, comme les aimant. Pierre : une pierre à qui on demande d'aimer. J'ai compris ce qu'il fallait faire passer d'amour dans tous les signes de l'Église.
"
 


1955 - Décès de Jean Maydieu, puis de Jules et de Lucile Delbrêl à quelques mois d'intervalle.
 

Elle écrit à des amis :


" Je n'avais pas douté un instant que la mort de mon Père serait un deuil pour vous aussi. Mais je n'avais pas imaginé que vous seriez là si vite et qu'en étant si fraternels pour mon Père, vous apporteriez à moi ce qui était après Dieu le plus fortifiant : quelque chose de mon enfance qui vécut encore… au moment où, sur la terre, je n'étais plus l'enfant de personne. Cette douleur, humblement humaine, vous l'avez unie à des paroles de Foi. De tout cela, je ne sais comment vous remercier.
(Lettre à M et Mme Durand, le 11 octobre 1955)


Lucile était très proche de sa fille, au point qu'elle désira être enterrée à Ivry. Madeleine écrit:
" J'ai su, il n'y a pas longtemps, qu'elle avait exprimé le désir que son corps soit déposé à Ivry. Je puis le faire sans un passe-droit que je n'aurais pas accepté. Là, beaucoup d'amis, de camarades, l'ont précédée. Ce sera pour moi, ma " naturalisation " ivryenne… jusqu'au jour où Dieu voudrait que j'en prenne une autre."
("Lettre à Mgr Veuillot, le 7 décembre 1955)


 

Nov.1953 - Interdiction des prêtres ouvriers.

 

1954/58 - Elle vit intensément les grands moments de la vie de l'Église les rapports avec le marxisme et la " crise " des prêtres ouvriers.

 


" Parce que nous rêvons d'un Christ-Église triomphant aux yeux des hommes, nous ne savons pas que le mystère du Christ est le mystère de l'Église et que jusqu'à la fin des temps il sera le sauveur humilié, camouflé sous des hommes limités et pécheurs, et que c'est en eux qu'il nous faudra le reconnaître".
(p .120 de " Nous autres gens des rues ")


1959/60 - Voyages


Elle effectue de nombreux voyages et notamment en Pologne et en Afrique.
De ces voyages elle a traduit une incarnation de la bonté :
 

" J'étais dans une grande ville, il y a plusieurs années, à l'étranger, c'étaient les dernières heures de quelques jours passés là. Je n'avais presque plus d'argent, j'étais très lasse, je souffrais de cette douleur qui frôle en nous l'animal dans l'animal raisonnable que nous sommes : la douleur de la mort, de plusieurs morts, des morts de la même chair que la mienne. Je ne crois pas que je représentais une catégorie humaine. Les vêtements que j'avais étaient sans particularité.
Je marchais depuis plusieurs heures dans les rues pour attendre le moment du train. Pourquoi ne pas dire que je pleurais ?
(…)
Mais tout d'un coup, mes deux épaules ont été prises dans un bras réconfortant et cordial. Une voix me dit : " Vous, café. Moi, donner. " C'était absolument clair. Je ne me souviens plus de ce qui s'est passé après : c'est une chance car je suis sans goût pour le ridicule.
J'ai souvent parlé de cette personne, pensé à elle, prié pour elle avec une reconnaissance inusable et aujourd'hui, cherchant la bonté en chair et en os, c'est elle qui s'est imposée à moi."
(p. 157 de " Nous autres gens des rues ")