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Naissance à Mussidan

 
Madeleine nait à Mussidan (Dordogne) le 24 octobre 1904, elle est la fille unique d'un couple mal assorti: son père d'origine ouvrière devient cadre aux chemins de fer; sa mère est issue d'une famille d'origine bourgeoise.
Elle a une enfance itinérante au gré des mutations professionnelles de
son père. A 12 ans elle fait sa 1ère communion.
 
A ce sujet, Madeleine dira elle-même, lors de sa dernière conférence, le 16 septembre 1964:
 
" J'ai vécu aussi, et cela fut une chance, hors des cloisonnements sociaux: ma famille était faite de tout; par voie de conséquence, moi aussi. Dans cette situation anarchique, dès mon arrivée à Paris, vers treize ans, l'Intelligence avec un grand I eut la première place dans mon échelle de valeur."
(Nous autres, gens des rues ", éditions du Seuil, 1966 - p282 dans la collection Livre de vie.) 

 

 

Arrivée à Paris, bien intégrée dans un milieu intellectuel et athée, elle aime la vie et le prouve: littérature, peinture, poésie.

Elle écrivit à l'age de 17 ans ce poème dont voici le début et la fin de « Dieu est mort, vive la mort »:

On a dit : « Dieu est mort. »
Puisque c’est vrai, il faut avoir le courage de ne plus vivre comme s’il vivait.
On a réglé la question pour lui ; il faut la régler pour nous.
Tant que Dieu vivait, la mort n’était pas une mort pour de bon.
La mort de Dieu a rendu la nôtre plus sûre.
La mort est devenue la chose la plus sûre.
Il faut le savoir. Il ne faut pas vivre comme des gens pour qui la vie est la grande chose.
(…)
On est tous tout près du même malheur, est-ce que oui ou non on aura le cran de le dire ? Le dire ? Mais avec quoi ? Les mots même Dieu les a esquintés…Peut-on dire à un mourant sans manquer de tact « Bonjour » ou « Bonsoir » ?
Alors on lui dit « Au revoir », ou « Adieu »…tant qu’on n’aura pas appris comment dire « A nulle part »… « A rien du tout »…
(Version originale, « Eblouie par Dieu », corr. vol. 1, p29, mars 2004, éditions Nouvelle Cité)


Elle aime la vie et le prouve… mais cela ne l’empêche pas de se poser des questions de fond.
Voici aussi un extrait d’un poème du 18 mars 1922, « Chimère »:
 
La chimère apparaît à l’horizon des songes,
La chimère qui sait vous leurrer de mensonges
(…)
Et ce sera l’enchantement de vous sentir
Evadée du réel ; d’aller éperdue, ivre
(…)
Vers un monde d’amour, et d’art, et de Beauté,
L’idéal éclatera dans vos prunelles
(…)
Et vous voudrez bondir vers lui, mais la chimère
Sachant qu’il n’est jamais de songe sans réveil
Secouera son échine et de votre soleil
Stupide vous choirez dans l’ombre de la terre
(« Madeleine Delbrêl connue et inconnue », p87, mars 2004, éditions Nouvelle Cité)