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Le sens de la souffrance

La gaîté proverbiale de Madeleine, la joie profonde qu'elle puisait dans sa foi au Christ pouvaient faire penser qu'elle surmontait aisément les difficultés rencontrées au long de sa vie dans sa famille, sa santé ou ses engagements.
Sa joie pourtant n'était jamais naïve et se logeait au creux de la souffrance humaine à l'image du levain dans la pâte.

"La souffrance chez Madeleine Delbrêl" de B. Pitaud, Madeleine Delbrêl connue et inconnue, Nouvelle Cité, mars 2004.

Je suis persuadée que ce n'est pas l'épreuve qui est malfaisante fatalement. C'est le fatalisme, le désespoir ou la non espérance devant ce qu'on n'a pas pu éviter.
("Indivisible Amour", Centurion , 1992 - p70)

Il ne nous est pas demandé d'être forts aux moments de souffrance. On ne demande pas au blé d'être fort quand on le broie mais de laisser le moulin en faire de la farine.
("Indivisible Amour", Centurion , 1992 - p 66)

Finirons-nous par comprendre avant de mourir que là où nous pouvons souffrir filialement et fraternellement, le bien sort toujours du mal ?
(Correspondance inédite)
 
Les contemplatifs sont ceux qui savent que l'harmonie ne s'atteint pas sans déchirement, que la paix ne s'établit pas sans souffrance, que la Beauté n'est pas à la mesure de l'Esprit.
(Poème "les compatissants" 1925)
 
Le chrétien est voué au combat. Il n'a pas de privilège, mais mission de triompher du mal, il n'a pas de droit, mais le devoir propre de lutter contre le malheur, conséquence du mal. Pour cela il n'a qu'une seule arme, sa foi.
Foi qu'il doit annoncer, foi qui transforme le mal en bien, s'il reçoit lui-même la souffrance comme une énergie de salut pour le monde; si mourir est pour lui donner la vie, si toute douleur d'autrui devient la sienne.
Dans le temps, par sa parole et par ses actes, par sa souffrance et par sa mort; il travaille comme le Christ, avec le Christ et par le Christ.
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p128)
 
Je voudrais tant vous engager dans la vie du Christ qui est voie de mort à soi et de mort à Lui.
Je voudrais que vous appreniez à désirer et à aimer ce qui nous fait souffrir et mourir à nous-même.
Tant qu'on ne fait que la supporter, la vie est insupportable.
(Inédit)

Nous avons besoin […] d'apprendre ou réapprendre la fécondité de ceux que Jésus-Christ possède : la charité qui doit être annoncée, proposée, obtenue la charité qui s'appelle alors et toujours " la souffrance ".
("La Joie de croire", Seuil, coll. "Livre de Vie", 1995 - p174)
 
Le cœur planté de la Croix nous a appris que cette charité n'est possible qu'au prix de tout ce qui paraît négatif et qui est pour ainsi dire son envers : pauvreté, obéissance, pureté, humilité, tout ce négatif qui " rend libre pour l'amour ".
Pourquoi nous aimons le Père Charles de Foucauld, "La sainteté des gens ordinaires", Tome VII des Œuvres complètes, Nouvelle Cité 2009, p113

Nous ne pouvons appartenir au Christ sans avoir à partager sa Croix et sa joie (…)
L'obéissance au Christ peut nous conduire à toutes les béatitudes.
("Indivisible Amour", Centurion , 1992 p 104)
 
C'est une grande grâce que la Croix, et on demeure confondu que Notre Seigneur nous permette de temps en temps de nous étendre un peu sur elle.
("Eblouie par Dieu", corr. vol.1, Nouvelle Cité,2004, p 182)

Les lumières, même très dépouillées, nous inquiètent toujours un peu ; nous avons peur de ne pas aimer. Pour aimer, la lumière de la Croix, elle, est toute sûre. Elle nous apprend Jésus, elle nous l'apprend dans notre chair, dans notre cœur, dans notre esprit… Chaque douleur est un rayon du Corps resplendissant de Jésus Notre Seigneur en Croix.
Apprenons-le, lisons les souffrances les unes après les autres, lentement, amoureusement. La souffrance est la meilleure des oraisons.
("Eblouie par Dieu", corr. vol.1, Nouvelle Cité,2004, p 225)

[Ne dites pas à ceux que le Christ a choisis et qui sont ou bien moines ou bien des gens " enfoncés aussi loin que possible dans l'épaisseur du monde ], que la Croix c'est dangereux, un peu morbide et très malsain, que le monde a besoin de retrouver le visage de la joie et non des pénitents.
Ils vous répondront : " Nous vous parlerons de la joie quand nous l'aurons apprise sur la Croix où nous retrouvons notre amour.
Notre joie est d'un prix si exorbitant qu'il a fallu pour l'acheter vendre ce que nous possédions et tout nous-même. "
(Missionnaires sans bateaux, "La sainteté des gens ordinaires", Tome VII des Œuvres Complètes, Nouvelle Cité 2009, p83)