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Aout 2014 - Le nouveau jour.

Le poème que Anne Marie Villemant aimait...

Un jour de plus commence.
Jésus en moi veut le vivre.
 

Il ne s’est pas enfermé.
Il a marché parmi les hommes.
Avec moi il est parmi les hommes d’aujourd’hui.

Il va rencontrer
chacun de ceux qui entreront dans la maison,
chacun de ceux que je croiserai dans la rue,
d’autres riches que ceux de son temps,
d’autres pauvres,
d’autres savants et d’autres ignorants,
d’autres petits et d’autres vieillards,
d’autres saints et d’autres pécheurs,
d’autres valides et d’autres infirmes.
Tous seront ceux qu’il est venu chercher.
Chacun, celui qu’il est venu sauver.
A ceux qui me parleront,
il aura quelque chose à répondre ;
A ceux qui manqueront,
il aura quelque chose à donner.
Chacun existera pour lui comme s’il était seul.
Dans le bruit il aura son silence à vivre.
Dans le tumulte, sa paix à mouvoir.

Jésus en tout n’a pas cessé d’être le Fils.
En moi il veut rester lié au Père.
Doucement lié, dans chaque seconde,
balancé sur chaque seconde
comme un liège sur l’eau.
Doux comme un agneau
devant chaque volonté de son Père.

Tout sera permis dans le jour qui va venir,
tout sera permis et demandera que je dise oui.
Le monde où il me laisse pour y être avec moi
ne peut m’empêcher d’être avec Dieu ;
comme un enfant porté sur les bras de sa mère
n’est pas moins avec elle
parce qu’elle marche dans la foule.

Jésus, partout, n’a cessé d’être envoyé.
Nous ne pouvons pas faire que nous ne soyons,
à chaque instant,
les envoyés de Dieu au monde.
Jésus en nous ne cesse pas d’être envoyé,
au long de ce jour qui commence,
à toute l’humanité, de notre temps, de tous les temps,
de ma ville et du monde entier.

A travers les proches frères
qu’il nous fera servir, aimer, sauver,
des vagues de sa charité partiront
jusqu’au bout du monde,
iront jusqu’à la fin des temps.

Béni soit ce nouveau jour, qui est Noël pour la terre,
puisqu’en moi Jésus veut le vivre encore.

Madeleine Delbrêl
(Humour dans l'amour, Tome III des Oeuvres Complètes, p59)