La bonté, langage de l'Evangile — Madeleine Delbrel

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La bonté, langage de l'Evangile

La bonté de Jésus-Christ, est l'exemple à imiter avec ses exigences pour la vie fraternelle.

C'est une bonté qui évangélise en éveillant le sens de Dieu chez ceux qui ne croient pas. Les chrétiens doivent s'acharner à rendre l'Église aimante car c'est un témoignage.

L'annonce de l'Évangile

   L'Évangile n'est annoncé vivant que si les chrétiens qui l'annoncent tendent de toutes leurs forces à avoir un cœur bon.

Athéismes & évangélisation,

tome VIII des Œuvres Complètes, Nouvelle Cité 2010, p 140

   De Dieu paternel et bon, il (Jean XXIII)  fut le témoin humble, fidèle et retentissant. (...)
Il nous a rappelé que si l'Évangile du Christ doit être annoncé en langues humaines, il ne peut être séparé du langage même de Jésus-Christ, de ce langage qui est la bonté.
Il nous a rappelé que la bonté tellement dévaluée dans le monde..., et aussi chez nous était avec notre coeur, la chair même de la charité.

La question des prêtres-ouvriers,

tome X des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2010, p226

   Si Jésus passait aujourd'hui dans nos rues, beaucoup parmi le "petit monde" diraient sans doute de lui : "Il est humain !"

La femme, le prêtre et Dieu,

tome IX des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2011, p224

   L'Évangile n'est annoncé vraiment que si les chrétiens qui l'annoncent tendent de toutes leurs forces à avoir un coeur bon. Car, même dans un monde peuplé de bonnes gens, la bonté d'un coeur converti au Christ ne ressemblerait pas aux autres bontés. Cette bonté propre au Christ ne laisse place à nos inventions que lorsque nous avons satisfait à ses lois qui sont strictes et précises. Elle réclame que nous aimions n'importe qui, jusqu'au bout et n'importe quand. Elle n'accepte aucune bonne raison de ne pas être bon.

Athéismes et évangélisation,

tome VIII des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2010, p149

 

La bonté du Christ

   Comme la charité fraternelle pour Dieu est inséparable de la charité fraternelle, la charité fraternelle est inséparable de la bonté.
Il n’y a pas charité authentique de Dieu sans charité fraternelle ; pas de charité fraternelle sans bonté.
Cela nous garde d’un faux sens du mystère qui serait le sens du refuge.
La bonté devenue chrétienne a des ambitions si miraculeuses que dans des actes sensibles, tangibles, concrets elle est une preuve du mystère. Par rapport à la sagesse humaine, elle est démesurée comme la croix.

La femme, le prêtre et Dieu,

tome IX des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2011, p235

   Près d'un incroyant, la charité devient évangélisation, mais cette évangélisation ne peut être que fraternelle. Nous ne venons pas offrir de partager généreusement ce qui serait à nous, c'est-à-dire Dieu. Nous ne venons pas comme des justes parmi des pécheurs, comme des gens qui ont conquis des diplômes parmi des gens incultes; nous venons parler d'un Père commun, connu des uns, ignoré des autres; comme des pardonnés, non comme des innocents; comme des gens qui ont eu la chance d'être appelés à croire, de recevoir la foi, mais de la recevoir comme un bien qui n'est pas à nous, qui est déposé en nous pour le monde : de cela découle toute une façon d'être.

Athéismes et évangélisation,

tome VIII des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2010, pp150-151

   Le cœur des hommes de notre temps asphyxie lentement, sournoisement d’une absence universelle : celle de la bonté.
Aussi la rencontre d’un homme réellement bon, d’une femme réellement bonne, produit-elle sur d’autres hommes, sur d’autres femmes quelque chose qui ne relève pas du domaine de la pensée, un véritable phénomène d’oxygénation du cœur.

La femme, le prêtre et Dieu,

tome IX des Œuvres Complètes, Nouvelle Cité 2011, p 229

   La bonté de Jésus-Christ vécue, ou qu'on tente de vivre dans toutes ses dimensions, sans exception, sans limite, pour chaque homme, est un miracle par elle-même car elle est comme le signe sensible de la charité de Dieu.

Athéismes & évangélisation,

tome VIII des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2010, p218

   Pour un homme, rencontrer la bonté du Christ dans un autre homme, c'est avant tout être rencontré soi-même, pour ce qu'on est soi-même. Le monde nous force à être nous-mêmes plus autre chose : famille, profession, nationalité, race, classe... Il nous met de force en série... Il nous juge sur ce qui est pour lui qualités ou défauts, mais qui n'est pourtant pas nous-mêmes. Chacun, dans la société, se sent marqué de péchés originels, variables avec chaque milieu et qu'on traite pour incurables.
Pour la bonté de Jésus-Christ, c'est chacun qui existe, et tout le reste devient d'un coup relatif.

La femme, le prêtre et Dieu,

tome IX des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2011, p227-228   

   La bonté du Christ tient tout pour guérissable, elle nous apprend que ce nous-même si malmené par le monde, a une valeur absolument indépendante de la richesse, de la puissance, du brio, de l'influence; et de la force, et de la réussite. La bonté du Christ espère avec nous; plus encore elle espère de nous, de chacun quelque chose.

La femme, le prêtre et Dieu,

tome IX des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2011, p228

    La bonté du coeur venue du Christ, donnée par lui, est pour le coeur incroyant un pressentiment de Dieu lui-même.Elle a, pour le coeur incroyant, le goût inconnu de Dieu et elle le sensibilise à sa rencontre. Elle est, pour l'incroyant, insolite, liée à cet insolite absolu que Dieu est pour lui. Elle réveille, interroge les forces assoupies de son coeur, des forces inconnues de lui dont il constate en lui la réalité vivante. Elle sympathise avec ce qui, dans le coeur de l'incroyant, est à la fois le plus solitaire et le plus apte à se tourner intérieurement, secrètement, vers Dieu comme un possible.

Athéismes et évangélisation,

tome VIII des Œuvres Complètes,Nouvelle Cité 2010, p150